Expositions photographiques, concerts, cinéma, lectures… En dépit de l’annulation des Rencontres de la Photographie, l’association du Méjan – Actes Sud annonce une édition à la hauteur que les précédentes. Seules changent les conditions qui exigent quelques adaptations.

L’association du Méjan, fondée en 1984 par Jean-Paul Capitani et Françoise Nyssen, annonce une présence soutenue à Arles, au même titre que les années précédentes.

Des expositions maintenues

« Lorsque les Rencontres de la photographie ont pris la difficile décision d’annuler l’édition 2020, nous nous sommes d’abord dits que nos expositions de printemps, qui n’ont pas pu être appréciées par le public, seraient ouvertes cet été en accès libre, afin de les rendre accessibles au plus grand nombre de personnes possible », explique Nathalie Basson, coordinatrice de l’association depuis plus de vingt ans.

Au rez-de-chaussée de la chapelle Saint-Martin du Méjan, lieu historique de l’association qui en a repris le nom, est exposé Zaric, sculpteur suisse connu pour ses œuvres mêlant des animaux (souvent la tête) et des hommes (corps et/ou posture), sculptures d’une tendre simplicité, peut-être même d’un soupçon de naïveté tant ce qui l’emporte n’est pas la bestialité, ni la simple pulsion, mais la rêverie et le jeu anthropocentriques.

À l’étage de la chapelle est présenté le photoreportage « passionnant et très enrichissant » de Mario Del Curto autour de l’Institut Vavilov, centre de recherche agronomique russe situé à Saint-Pétersbourg.

Création d’un festival 2020

Au lendemain de l’annulation, donc, l’association du Méjan décide non seulement de maintenir ces deux expositions, mais de soutenir l’initiative d’Arles contemporain de fédérer les galeries et les lieux pour créer envers et contre tout un festival à l’été 2020. « L’association du Méjan fait partie d’Arles contemporain depuis sa création, poursuit Nathalie Basson. Lorsque Nicolas Havette nous a proposé de rassembler toutes les initiatives de l’été 2020, nous étions évidemment tous partants pour montrer que des événements allaient avoir lieu cet été à Arles. ».

C’est précisément Nicolas Havette qui propose au Méjan d’organiser une exposition sur Boris Vian, en écho à celle portant plus spécifiquement sur la musique et les chansons de l’artiste, qui aura lieu à la fondation Manuel Rivera-Ortiz. « Nous proposerons de notre côté une exposition sur la liberté créatrice et insoumise de Boris Vian, intitulée “Bison ravi part en croisière”, précise la coordonnatrice de l’association. C’est une exposition sur le témoignage inclassable de Boris Vian, avec tous ses penchants, ses collages inédits…  Cela rassemblera des documents de et sur Boris Vian, avec des journaux hypothétiques qu’il avait mis en page. » L’exposition se veut, selon la présentation générale qui s’inspire des mots mêmes de Boris Vian, « une sorte de voyage autour de la pataphysique lyrique et de la po-éthique sans statistique ».

Cette exposition sera présentée à Croisière, ce lieu investi pour les Rencontres photographiques par Jean-Paul Capitani il y a quatre ans, à l’angle du boulevard Émile-Combes et de l’avenue Victor-Hugo, en remplacement du Magasin électrique, dans les anciens ateliers SNCF d’Arles, cédé à Maja Hoffmann et à sa fondation Luna.

Un espace ouvert et pluridisciplinaire

« Ce nouveau lieu permet d’accueillir plusieurs espaces d’exposition, un restaurant, une librairie des éditions Actes Sud, un marché de paysan bio, etc., énumère Nathalie Basson. Nous avions envie d’avoir un lieu ouvert, qui propose des événements et expose notamment des photographes locaux. »

Croisière concentrera effectivement une partie importante des manifestations et expositions proposées par l’association du Méjan, dont les photographes locaux Géraldine Lay* (déjà exposée par le passé) et Antoine Herscher**, le sculpteur Marc Nucera – qui verra également une de ses sculptures présentées à la galerie Anne-Clergue, ou encore une fresque de vingt mètres de long au fusain de Jean-Pierre Formica, réalisée in situ sous un hall de Croisière au début du mois de juin, en attendant l’exposition qui aura au printemps 2021.

À Croisière seront également proposés des projections en plein air, quatre soirs par semaine, et des petits concerts organisés en collaboration avec le festival des Suds, annulé lui aussi cette année. Des lectures auront enfin lieu dans le cloître de l’abbaye de Montmajour du 18 au 21 août : cf. site internet.

La programmation est in fine de même densité que celles des années précédentes ; seules changent les conditions qui exigent quelques adaptations, afin d’obéir aux réglementations sanitaires.

Pierre MONASTIER

En savoir plus : association Le Méjan

 

* Géraldine Lay, Failles ordinaires, Actes Sud, 2012, 140 p., 25 €
** Antoine Herscher, Dernier acte, Actes Sud, 2019, 112 p., 32 €

 



Crédits photographiques : Antoine Herscher – Actes-Sud. Bouches-du-Rhône, 2014



 

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