Avec une croissance de 35,4 % par rapport à 2018, les films d’animation sortis en 2019 génèrent 17,2 % des entrées de l’ensemble des films inédits de l’année soit le niveau le plus haut de la décennie après 2016 (17,6 %). Cinq films cumulent plus de deux millions d’entrées et trois des dix plus grands succès de l’année sont des films d’animation.  

Le CNC publie pour la douzième année consécutive une étude sur le marché de l’animation. Cette étude dresse une analyse complète et approfondie de la production et de la diffusion (salles de cinéma, télévision, télévision de rattrapage, vidéo, vidéo à la demande (VàD) et exportation) des œuvres d’animation, qu’elles soient cinématographiques ou audiovisuelles. Profession Audio|Visuel reproduit la synthèse, publiée en introduction de l’étude.

En 2019, dix longs métrages français d’animation produits

Dix films d’animation sont agréés en 2019, soit trois titres de plus qu’en 2018. Parmi ces dix films, deux productions sont entièrement françaises. Les huit autres films sont des coproductions internationales, dont trois d’initiative française. Entre 2010 et 2019, le coût moyen des films d’animation s’établit à 12,5 M€. La structure du financement des longs métrages d’initiative française d’animation agréés varie fortement selon les années et les films concernés. Sur la période 2015-2019, les producteurs sont la première source de financement des films d’animation agréés, représentant 27,5 % du total des coûts de production. Les mandats (salle, vidéo et étranger) représentent 18,1 % du total des coûts des films d’animation agréés, les partenaires étrangers 16,5 % et les soutiens publics 18,4 %.

Plus haut niveau de la décennie pour les films d’animation recommandés Art & Essai

En 2019, 52 films d’animation font l’objet d’une première sortie commerciale en France, soit 7,0 % de l’ensemble des films inédits sortis en salles. En 2019, parmi les 52 films d’animation sortis en salles, 26 sont recommandés Art et Essai soit le plus haut niveau de la décennie. Sur les dix dernières années, les films recommandés Art et Essai représentent 45,9 % des films d’animation sortis en salles. Entre 2010 et 2019, 344 films d’animation inédits sont sortis sur les écrans (5,2 % de l’ensemble des films sortis sur la période) dont 81 films français. Entre 2010 et 2019, la part des films américains dans le total des films d’animation sortis en première exclusivité s’élève à 33,4 %. En 2019, neuf films d’animation sont disponibles en 3D dans les salles de cinéma, soit 17,3 % des films d’animation sortis.

Une fréquentation en hausse pour les films d’animation

Avec 32,9 millions d’entrées (+35,4 % par rapport à 2018), les films d’animation sortis en 2019 génèrent 17,2 % des entrées de l’ensemble des films inédits de l’année soit le niveau le plus haut de la décennie après 2016 (17,6 %). L’augmentation des entrées des films d’animation inédits de 2019 s’accompagne d’une progression des recettes (+40,7 %) à 206,4 M€. Cinq films cumulent plus de deux millions d’entrées. Trois des dix plus grands succès de l’année sont des films d’animation : La Reine des neiges 2 (6,7 millions d’entrées, 3e au classement 2019 tous genres confondus), Toy Story 4 (4,5 millions d’entrées, 6e) et Dragons 3 : le monde caché (3,4 millions d’entrées, 8e).

Une production audiovisuelle d’animation en légère progression

En 2019, la production audiovisuelle d’animation augmente de 2,1 % à 295 heures pour un montant des devis à 237,4 M€ (+13,1 %). Cette évolution s’explique par les cycles de production des œuvres d’animation d’une durée de deux ou trois ans. En 2019, le coût horaire de l’animation s’établit à 805,2 K€ (+10,8 % par rapport à 2017), il illustre le développement de séries d’animation toujours plus ambitieuse sur le plan international.

Une relocalisation des dépenses en France

En volume horaire, 22,4 % des œuvres d’animation mises en production en 2019 sont intégralement produites en France, contre 18,4 % en 2018. En 2019, la part des dépenses de production des programmes d’animation en France demeure à un niveau particulièrement élevé à 84,5 % en 2019 contre 77,4 % il y a dix ans. Cette relocalisation des dépenses confirme à nouveau l’impact conjugué de la réforme du soutien à l’animation et du crédit d’import audiovisuel entrés en vigueur en 2016.

Une offre télévisuelle d’animation toujours en croissance où les programmes français sont désormais majoritaires

En 2019, les chaînes nationales diffusent 16 145 heures d’animation sur l’ensemble de la journée. Le volume d’animation diffusée sur les chaînes nationales augmente de 6,3 % par rapport à 2018. Gulli demeure le premier diffuseur de programmes d’animation parmi les chaînes nationales (6 618 heures), devant France 4 (4 645 heures), France 3 (1 245 heures), France 5 (933 heures) et TF1 (759 heures). En 2019, l’augmentation de l’offre d’animation sur les chaînes nationales repose sur la progression du volume de programmes français (+1,9 % par rapport à 2018), de programmes américains (+14,5 %) et Européen (+3,8 %). En 2019, les programmes français composent 59,8 % de l’offre d’animation sur les chaînes nationales (62,4 % en 2018).

Les programmes jeunesse, un genre sur-consommé en télévision de rattrapage

Avec 476 heures en moyenne par mois en 2019, l’animation représente 3,3 % de l’offre de programmes mis à disposition en TVR sur internet par les chaînes nationales gratuites alors que les programmes jeunesse (animation et autres programmes) et représentent près du quart de la consommation totale de télévision en ligne soit plus de 2,4 milliards de vidéos vues en 2019.

Près de 56 000 épisodes de programmes jeunesse disponibles en VàDA

En avril 2020, près de 55 629 épisodes de programmes jeunesse sont disponibles sur les plateformes de VàDA en France. Au sein de cette offre jeunesse, l’animation représente 94 % des titres disponibles et 96 % des épisodes. L’offre jeunesse des principales plateformes de VàDA s’enrichit. En nombre d’épisodes, Netflix est toujours la plateforme qui bénéficie de l’offre jeunesse la plus importante avec 13 015 épisodes en avril 2020, soit 18,7 % de plus qu’en avril 2019, devant Amazon Prime Vidéo avec 9 689 épisodes en mars 2020 (+60,6 %).

L’exportation d’animation audiovisuelle dopée par les ventes

En 2018, l’ensemble des flux financiers à l’exportation de programmes audiovisuels d’animation représentent 112,0 M€ (-17,8 % par rapport à 2017), soit 40,6 % des flux totaux. En 2018, les ventes de programmes français d’animation à l’étranger restent à un niveau élevé à 69,0 M€ (-8,7 % par rapport à 2017). La part du genre atteint 39,8 % des ventes totales et reste le premier genre audiovisuel à l’exportation. En 2019, dix films d’animation français inédits connaissent une sortie à l’international et 43 films d’animation sont exploités dans les salles étrangères. Ces 43 films cumulent 5,9 millions d’entrées en 2019, soit près du double (+94,1 %) par rapport à 2018.

En cinq ans 2 000 emplois supplémentaires

Sur la période 2009-2018, l’emploi dans les entreprises de production de films d’animation et d’effets visuels augmente (+47,9 % et plus de 2 400 emplois supplémentaires sur la période) avec une accélération sur la période récente. En cinq ans, les effectifs ont progressé de 36,1 % pour atteindre près de 7 500 salariés, pour une masse salariale de près de 161,9 M€. En cinq ans 2 000 emplois supplémentaires sont dénombrés. Si les hommes sont toujours majoritaires dans le secteur, les femmes sont de plus en plus présentes dans le secteur des films d’animation et d’effets visuels. En 2018, la part de femmes (45,8 %) au sein des salariés permanents est proche de celle des hommes.

 

Lire et télécharger l’étude complète du CNC : Le marché de l’animation en 2019

 



 

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