Levier solidaire et financier pour les œuvres à impact social, Cinema for Change rassemblera pendant deux jours, les 7 et 8 avril, dans le cadre du festival Le Temps Presse, des acheteurs traditionnels et des investisseurs originaux. L’enjeu ? Permettre à de nombreux films de clore leur financement.

Le festival parisien Le Temps Presse, qui aura lieu du 6 au 11 avril prochains, fête cette année son dixième anniversaire, alors que le monde subit de plein fouet, depuis plus d’un an, la pandémie de la COVID-19, avec les choix politiques inhérents à chaque pays. Un anniversaire hautement symbolique, qui semble confirmer l’intuition des fondateurs de l’événement.

Objectif : développement durable

À l’origine du festival, un film – ou plus exactement huit films courts – produit par Marc Obéron et réalisé par différentes personnalités du cinéma, qui présentent leur vision du monde : Jane Campion, Gael García Bernal, Jan Kounen, Mira Nair, Gaspar Noé, Abderrhamane Sissako, Gus Van Sant et Wim Wenders.

Le Temps Presse s’inscrit dans la démarche initiée par l’ONU dès le début des années 2000 en faveur du développement durable, en faisant notamment siens les dix-sept objectifs fixés par les États membres des Nations unies en septembre 2015 : éradication de la pauvreté, lutte contre la faim, accès à une éducation de qualité, à l’eau salubre, aux emplois décents, égalité entre les sexes, énergies fiables et durables à un coût abordable, lutte contre les changements climatiques… « Notre festival s’inscrit dans ces dix-sept objectifs de développement durable, qui ne sont pas uniquement des enjeux environnementaux, précise Marc Obéron, fondateur du festival Le Temps Presse. Cela concerne plus largement tout ce qui affecte l’homme et la planète. »

À travers différentes compétitions – longs-métrages en avant-première et courts métrages – et des conférences sur les thèmes du développement durable, Le Temps Presse affiche ainsi deux objectifs clairs : la valorisation de jeunes réalisateurs qui assument un engagement social, environnemental et humain, et la sensibilisation d’un large public à ces objectifs de développement durable.

Cinema for Change : un levier financier et solidaire

Marc Obéron (DR)

Marc Obéron (DR)

En marge de l’événement, Marc Obéron et Yann Marchet ont créé l’an dernier Cinema for Change, un forum européen de cinéma exclusivement consacré au financement de contenus à impact social. Après une première édition expérimentale d’une journée et devant l’intérêt suscité, les organisateurs ont décidé de renouveler et d’amplifier ce rendez-vous. « L’objectif est de mettre en valeur des projets qui défendent les valeurs du festival et de leur permettre de boucler leur financement », complète le fondateur du festival Le Temps Presse.

Tous les formats sont acceptés, de la réalité virtuelle à la série, en passant par le film d’animation. « On se donne cette liberté d’avoir des projets qui sont à différents stades de leur fabrication, dès lors qu’il y a une base de financements » – à hauteur de 40 % pour les documentaires et de 60 % pour les fictions. Sur la centaine de candidatures reçues, douze projets seront sélectionnés pour être présentés aux professionnels. Une sorte de playlist thématique sera par ailleurs mise en ligne, présentant tous les films répondant aux critères requis. « Nous voulons être un levier afin que tous ces films qui portent un sens majeur pour notre temps puissent, autant que possible, voir le jour. »

Soutenu activement par Canal+, Cinema for Change rassemble ainsi des acheteurs traditionnels comme les télévisions, les plates-formes et les vendeurs internationaux, et des investisseurs solidaires et financiers dont ce n’est pas le métier et qui peuvent avoir besoin d’un accompagnement. « Nous invitons des mécènes, des fondations, des entreprises, ainsi que des gestionnaires de fonds ou tout simplement des gens qui veulent investir dans l’art et bénéficier de recettes, s’il y en a, explique Marc Obéron. Nous travaillons à créer une audience dont ce n’est pas le métier mais dont on connaît le centre d’intérêt. »

Une édition entièrement digitale

Au programme de ce forum : marché de coproduction, tables rondes ou encore master classes, qui rassemblent aussi bien des professionnels du cinéma que des responsables associatifs et des représentants institutionnels.

Pour des raisons évidentes liées au contexte sanitaire et politique, Cinema for Change propose une édition entièrement digitale, les 7 et 8 avril. « Nous avons beaucoup d’inconnues, parce que Cinema for Change est un rendez-vous professionnel européen, précise l’organisateur du forum. Or les déplacements entre pays sont aujourd’hui très compliqués. Le fait de prévoir une édition digitale nous a libérés de réflexions interminables sur la préparation de ces rencontres. »

Si les conditions le permettent toutefois, quelques rencontres physiques auront par ailleurs lieu à l’hôtel Scribe, haut lieu cinématographique puisque les frères Lumière y présentèrent leurs premiers films en 1895, à proximité de l’opéra Garnier. « Nous espérons pouvoir organiser ne serait-ce qu’un ou deux événements conviviaux, car nous savons que la moitié des collaborations naissent de rencontres humaines fortuites, reconnaît Marc Obéron. Mais dans l’immédiat, cette année, nous avons surtout à faire en sorte que ce soit un bel événement, qui aide concrètement à l’accompagnement des projets. » Le marché du film du festival de Cannes, partenaire de Cinema for Change, choisira par exemple l’un des douze projets sélectionnés pour le présenter en juillet prochain sur la Croisette.

Pierre MONASTIER

.
En savoir plus : Cinema for Change

 



 

Restez informé !