Trouver les programmes artistiques des candidats à la présidentielle relève du parcours du combattant. Les arts et la culture semblent être les grands oubliés des débats. Profession Audio|Visuel a épluché les propositions et vous en propose une large synthèse.

Les programmes culturels se font décidément très discrets dans cette campagne présidentielle 2022. Et le moins que l’on puisse dire est que les retrouver relève parfois d’un véritable parcours du combattant.

Les arts et la culture semblent bel et bien être les grands oubliés des débats publics.

Afin de vous en livrer une synthèse, nous avons donc recensé les programmes présidentiels, avec plus ou moins de succès, et trouvé des contributions très inégales, de la brochure culturelle de vingt-quatre pages de Jean-Luc Mélenchon à une absence de programme culturel pour Nathalie Arthaud, en passant par le « bilan-programme » d’Emmanuel Macron.

En voici la synthèse.

SOMMAIRE

Accès aux arts
Soutien à la création
Diversité culturelle
Patrimoine
Audiovisuel public
Liberté de la presse
Institutions
Budget et fiscalité
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ACCÈS AUX ARTS

Enjeu majeur des programmes présidentiels, l’accès aux arts prend des formes très différentes suivant les candidats.

Trois types de mesures sont proposés, celles qui cherchent à lever les freins économiques, celles qui consistent à enrichir l’offre artistique et celles qui visent à développer l’apprentissage des arts.

1. Lever les freins économiques.

Ces mesures prennent la forme, soit de subvention au public, soit d’une baisse des prix. La subvention au public, c’est le « pass culture » proposé par Emmanuel Macron et Valérie Pécresse. Pour la baisse des prix, Valérie Pécresse propose un taux réduit de TVA à 5,5 % sur tous les biens culturels, et Jean-Luc Mélenchon un encadrement à la baisse des tarifications (cinéma, salle de concert, etc.). La gratuité d’accès aux musées est également proposée par Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan.

D’autres mesures d’aide visent quant à elles les acteurs culturels. Jean Lassalle propose la création d’un fonds dédié pour subventionner les lieux artistiques qui facilitent l’accès aux plus défavorisés et Jean-Luc Mélenchon, l’encadrement des loyers commerciaux de certains lieux artistiques.

2. Enrichir l’offre artistique.

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon mettent en avant des horaires d’ouverture des bibliothèques et médiathèques plus larges ; ce dernier y adosse la nécessité d’un maillage territorial plus fin.

Valérie Pécresse propose la création d’un musée national itinérant de l’art contemporain et du design. Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan proposent de créer une grande médiathèque en ligne, gratuite et regroupant les œuvres tombant dans le domaine public pour le premier, sur l’ensemble du catalogue culturel pour le second. Emmanuel Macron propose quant à lui la création d’un metavers européen pour découvrir les musées, le patrimoine ou encore de nouvelles créations. Enfin, Anne Hidalgo veut développer le principe des artothèques : médiathèques publiques destinées aux arts plastiques.

Nicolas Dupont-Aignan et Éric Zemmour souhaitent imposer aux chaînes de télévision la diffusion de programmes culturels, s’agissant pour ce dernier de « faire connaître notre patrimoine culturel au grand public, les œuvres de notre patrimoine artistique et culturel ».

Enfin, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Nicolas Dupont-Aignan souhaitent développer l’accès à la culture sur les territoires. Yannick Jadot souhaite « mettre des moyens supplémentaires à destination des territoires » ; Jean-Luc Mélenchon propose le « déploiement accru sur tout le territoire » des « lieux physiques (librairies indépendantes, cinémas avec un ou quelques écrans, lieux physiques pour le jeu vidéo, scènes de spectacle vivant, salles de concerts, disquaires etc.) » et « d’aller vers légalité territoriale » ; Emmanuel Macron prône le « rééquilibrage culturel [qui a déjà] été engagé entre Paris et les régions », citant la Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts, le plan cinéma de Marseille, les Micro-Folies, les États généraux des festivals, etc. ; quant à Nicolas Dupont-Aignan, il s’engage à « réduire la fracture culturelle géographique ».

3. Développer l’apprentissage des arts.

Enfin, de concert, l’ensemble des candidats souhaite développer les arts et la culture au cœur du dispositif éducatif, dans le cadre d’une éducation artistique et culturelle. Emmanuel Macron met en avant son plan « À l’école des arts et de la culture », l’accès généralisé à une éducation artistique et culturelle.

Valérie Pécresse entend généraliser l’éducation artistique et culturelle tout au long de la scolarité, accompagnée du rétablissement des clubs théâtre, clubs de lecture et clubs cinéma, concours d’éloquence et chorales. Éric Zemmour veut instaurer un enseignement et une pratique véritables de la musique, de l’histoire de l’art et de l’art plastique au sein de l’école, du collège et du lycée.

Anne Hidalgo envisage de donner accès à la culture à tous, par un programme majeur d’éducation artistique à l’école, permettant à la fois de développer les émotions mais aussi, à chacun le souhaitant, de s’investir dans un domaine artistique. Jean-Luc Mélenchon souhaite professionnaliser et revaloriser la place de l’éducation artistique et culturelle tout au long de la scolarité, dans les temps scolaires, périscolaires et extrascolaires. Enfin, Fabien Roussel annonce qu’un plan national pour l’éducation artistique à l’école sera mis en place.

SOUTIEN À LA CRÉATION

Second grand thème de campagne, le soutien à la création artistique et culturelle qui prend deux formes : le soutien à la création et le soutien aux créateurs.

1. Soutien à la création.

Concernant le soutien à la création artistique et culturelle, Philippe Poutou prône « une liberté complète de création et de diffusion » ; Jean-Luc Mélenchon veut « favoriser des temps de création plus longs » en initiant « un ralentissement du cycle de production-diffusion » ; quant à Marine Le Pen, son soutien à la création consiste à ne « pas mettre en cause les aides dont bénéficie aujourd’hui la création ».

Le soutien à la création vise principalement les créations indépendantes et les créations nouvelles. Jean Lassalle et Jean-Luc Mélenchon veulent augmenter les financements publics aux créations indépendantes. Quant à Yannick Jadot, il soutient « les actions et projets, du tiers-lieu à vocation culturelle à la friche artistique ». Les nouvelles créations sont quant à elles encouragées par des bourses octroyées par un Fonds national des talents émergents proposé par Valérie Pécresse, lorsqu’Anne Hidalgo propose que « l’ensemble des institutions financées majoritairement par l’argent public réserve 10 % de leur programmation à la nouvelle création » et Emmanuel Macron envisage la création de « nouvelles commandes publiques artistiques […] pour soutenir les jeunes créateurs ».

Seule proposition véritablement alternative, la « sortie des logiques d’appel à projet » au profit d’une « nouvelle politique de la création artistique » proposée par Jean-Luc Mélenchon.

2. Soutien aux créateurs.

Mais plus que le soutien à la création, c’est le soutien aux créateurs que nous retrouvons avec force. Anne Hidalgo, veut « agir pour la juste rémunération des auteurs, des artistes, des interprètes, des écrivains, des producteurs et des diffuseurs ». Pour Jean-Luc Mélenchon, l’amélioration de la rémunération des créateurs de musiques et de films passera par une relance des négociations afin de rééquilibrer les contrats avec les diffuseurs.

Le régime de l’intermittence occupe, bien évidemment, une place de premier ordre. Jean-Luc Mélenchon entend « améliorer le régime des intermittents du spectacle sur la base du socle commun de revendications du mouvement des occupations de théâtre de 2021 et l’étendre aux autres professions culturelles et événementielles discontinues, comme les extras de l’hôtellerie-restauration et les guides conférenciers », rejoint par Jean Lassalle qui propose une revalorisation du statut et du salaire des intermittents du spectacle. Pour Philippe Poutou, cela prend la forme d’une « garantie de rémunération des intermittents au moins égale au SMIC ». Pour Fabien Roussel, « le régime de l’intermittence, dans le spectacle vivant et audiovisuel, sera conforté », lorsqu’Emmanuel Macron rappelle que, durant son quinquennat, « le régime des intermittents a été préservé ». Marine Le Pen affirme de son côté ne pas vouloir mettre en cause le régime des intermittents du spectacle.

À noter que les artistes-auteurs font l’objet d’une attention particulière de la part de certains candidats. D’abord, concernant leur rémunération, Yannick Jadot entend relancer le projet d’une “taxe Google”, défendre le droit d’auteur face aux nouveaux usages de la culture numérique et propose « un revenu garanti pour les artistes-auteurs qui ont vocation à vivre de leur création ». Emmanuel Macron se félicite que « les droits sociaux des artistes-auteurs ont été améliorés » pendant son quinquennat, veut que les plates-formes de partage « s’assurent […] de la possibilité d’une rémunération supplémentaire pour les auteurs et les artistes-interprètes pour l’exploitation de leurs œuvres ». Jean-Luc Mélenchon veut « mettre en place une protection sociale adaptée à ces professions, encourageant la création comme l’intermittence du spectacle ». Pour Nicolas Dupont-Aignan, cette meilleure rémunération des artistes passera par son projet de licence globale qui permettra notamment une « rémunération des droits d’auteur bien plus efficacement par les fournisseurs d’accès Internet ». Enfin, Fabien Roussel propose un « authentique statut, plus protecteur et garantissant effectivement leurs droits sociaux et leurs rémunérations » et assure que la directive européenne et la loi sur les droits d’auteurs « voisins » seront strictement appliquées.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon propose un large plan de titularisation « des précaires et des permittents du service public de la culture et de l’audiovisuel public », des professionnels des bibliothèques et médiathèques pour assurer de plus larges ouvertures et de meilleures conditions de travail, ainsi que des ensembles et orchestres permanents.

DIVERSITÉ CULTURELLE

Troisième pilier des programmes présidentiels, la diversité culturelle qui, selon les candidats, prend des formes très diverses.

Certaines propositions visent la promotion de la culture et de la langue française, d’autres encouragent la création artistique française, quand d’autres encore visent une diversité de l’offre artistique. Cette diversité culturelle passe alors par l’encadrement des plates-formes et la lutte contre les phénomènes de concentration.

1. Culture et langue française.

Sans grande surprise, les candidats Nicolas Dupont-Aignan et Éric Zemmour proposent, pour le premier, de consacrer une partie plus importante des subventions accordées au cinéma par le CNC aux productions cinématographiques assurant la promotion et la diffusion de la culture française et européenne, comme l’adaptation d’œuvres littéraires et d’événements historiques ; pour le second, de retrouver la place de l’identité de la création française dans un monde où la globalisation nous entraîne vers une culture « unique ».

La langue française fait également l’objet d’une attention particulière de la part de Nicolas Dupont-Aignan qui compte imposer des contraintes visant à lutter contre les « fatras de textes et d’interventions écrits et énoncés dans la langue de Shakespeare ». Jean-Luc Mélenchon souhaite, lui, renforcer l’usage du français dans la production des films des pays francophones tout en adoptant une politique soutenue de sous-titrage en langue nationale et étendre la diffusion des films de langue française.

D’autres candidats mettent en avant la défense des langues régionales. C’est notamment le cas de Philippe Poutou qui prône la défense des langues et cultures régionales, ainsi que la promotion de l’échange avec les cultures minoritaires ou extra-occidentales ; ou de Yannick Jadot qui souhaite reconnaître les langues régionales et minoritaires dans leur aire d’expression, reconnaître les langues ultramarines comme langue maternelle ou co-maternelle, y compris dans l’éducation nationale, intensifier les formations au métier de traducteurs en outre-mer et créer des postes de médiateurs linguistiques.

2. Création artistique française.

Le rôle donné aux diffuseurs est ici essentiel. D’abord, sous la forme d’obligation de financement ou d’achat.

Emmanuel Macron met en avant le fait que les plates-formes de vidéo à la demande en ligne (Netflix, Amazon, Disney+, etc.) participent au financement de la création cinématographique et audiovisuelle nationale et européenne. Cette obligation de financement se retrouve également dans le projet de Jean-Luc Mélenchon à destination de l’ensemble des chaînes privées. Il souhaite l’accompagner d’une augmentation des obligations d’achat d’œuvres audiovisuelles françaises pour les chaînes de télévision française et d’un renforcement de la production d’œuvres au sein du service public de l’audiovisuel. Concernant le livre, il souhaite une hausse de la commande publique dans l’édition indépendante ainsi que dans les librairies indépendantes.

3. Diversité de l’offre.

La diversité culturelle passe aussi, et peut-être principalement, dans les programmes présidentiels en tout cas, par une diversité de l’offre artistique qui prend la forme, notamment, d’un encadrement des plates-formes et une lutte contre la concentration.

Ainsi, Anne Hidalgo s’engage à agir pour la diversité face à l’uniformisation des contenus, quand Jean-Luc Mélenchon veut préserver et développer l’ambition de service public dans les industries culturelles et les systèmes de financement redistributifs garantissant la diversité et l’indépendance. Il souhaite une place rehaussée de la diffusion des films dans la grille de programmation et la programmation d’émissions de cinéma sur les chaînes du service public avec des objectifs de diversité, de renouvellement et d’émergence dans leurs acquisitions. Il parle également d’instaurer et d’appliquer des obligations de diversité ambitieuses dans les salles de cinéma.

4. Encadrement des plates-formes et lutte contre les concentrations.

Cette volonté de lutter contre les phénomènes de concentration est très présente dans les programmes des candidats dits de gauche.

Jean-Luc Mélenchon annonce un grand plan pour le développement du cinéma français, de sa diversité, de son indépendance, notamment par la lutte contre la concentration. Il veut protéger les catalogues de films et nos lieux culturels des opérations de rachat par des acteurs extra-européens et mettre en place des lois de déconcentration (anti-monopole) dans les secteurs culturels. Cette thématique est reprise par Fabien Roussel qui assure que l’État protégera l’art et la création de la domination de l’industrie numérique nord-américaine, qui pille leur contenu et les uniformise. Il annonce également une loi contre les concentrations dans la presse, les médias et l’audiovisuel. Yannick Jadot agira contre les phénomènes de concentration économique quand Anne Hidalgo protégera les principes constitutionnels de liberté, de pluralisme et d’indépendance des médias face aux géants de l’internet et aux concentrations horizontales et verticales excessives actuelles, et incitera l’Autorité de la concurrence à agir face aux risques croissants de concentration des médias.

Enfin, au-delà des risques de concentration dans les médias, Jean-Luc Mélenchon souhaite interdire la création de nouveaux grands entrepôts dédiés au stockage et à la vente à distance de livres neufs afin de lutter contre la concurrence de la FNAC et d’Amazon et de maintenir un réseau dense de librairies.

Dans cette lignée, il propose, avec Emmanuel Macron, la mise en place d’un tarif postal préférentiel pour les livres vendus par les librairies indépendantes.

Et puisque la diversité passe aussi par la lutte contre les discriminations, Emmanuel Macron rappelle que les nominations à la tête des grands établissements culturels ont été placées sous le signe de l’ouverture, de la féminisation et de la diversité. Jean-Luc Mélenchon s’engage à lutter activement contre les discriminations de genre et d’origine qui persistent dans les arts et la culture, par la formation, la prévention et l’accompagnement, à rééquilibrer les moyens alloués et à diversifier la composition des commissions de financement pour permettre une création à l’image de la France d’aujourd’hui et valoriser cette même diversité dans la mémoire commune.

PATRIMOINE

Si Emmanuel Macron affirme que le patrimoine n’a jamais été autant préservé, il apparaît que les propositions autour du patrimoine sont essentiellement portées par les candidats dits de droite.

Valérie Pécresse veut sauver le patrimoine national sur tout le territoire avec un plan de 2,5 milliards d’euros et rénover nos musées régionaux. Nicolas Dupont-Aignan souhaite sauvegarder et valoriser le patrimoine français en renforçant, tant sur la durée que sur les montants alloués, les moyens d’intervention de l’État. Marine Le Pen veut mettre l’accent des politiques publiques sur la protection et la mise en valeur de notre patrimoine, matériel et immatériel : elle propose la création d’un Service national du patrimoine, ouvert aux jeunes de 18 à 24 ans, chargé d’œuvrer à la restauration, à la protection et à la valorisation de notre patrimoine bâti mais aussi naturel ; elle souhaite également que la fiscalité qui pèse sur les monuments historiques soit adaptée aux nécessités de conservation de ce bien dans le patrimoine national, aux contraintes qui leur sont propres, et favorise la transmission de ces biens aux générations futures dans des conditions améliorées.

Mais des propositions existent aussi à gauche, par exemple dans le programme de Yannick Jadot qui souhaite ratifier la Convention de Faro sur la valeur du patrimoine culturel pour la société.

AUDIOVISUEL PUBLIC

S’il est un sujet qui divise les candidats, il s’agit bien du sort de l’audiovisuel public. Si tous s’accordent à ce qu’il soit un des bras armés de leur politique culturelle, Éric Zemmour envisage de privatiser les chaînes généralistes et d’information du service public audiovisuel (France 2, France Inter et France Info TV) et recentrer l’audiovisuel public autour de la culture (France 5, France Culture, Arte, France Musique) et de la voix de la France à l’international (France 24, TV5 Monde et Radio France International). Marine Le Pen fait des propositions dans le même sens, prônant une privatisation massive, à l’exception de « l’audiovisuel d’outre-mer », de la chaîne franco-allemande Arte et de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Emmanuel Macron et Anne Hidalgo prônent au contraire le renforcement de l’audiovisuel public.

Le sort de la contribution à l’audiovisuel public (plus connue sous le nom de « redevance télé ») fait également débat. Valérie Pécresse a inscrit sa suppression dans son programme culturel. Emmanuel Macron, favorable également à sa suppression, la présente comme une simple conséquence « mécanique » à la suppression de la taxe d’habitation. Il n’y fait même pas mention dans son programme culturel. Anne Hidalgo prend, quant à elle, le contre-pied de ces annonces en affirmant vouloir conforter cette contribution, qui sera juste et universelle, pour garantir l’indépendance budgétaire des chaînes publiques (radio et télévision) et la pérennité du financement de la création cinématographique et audiovisuelle.

LIBERTÉ DE LA PRESSE

Nombreux sont les candidats qui programment des aides à la presse. Quand Emmanuel Macron met en avant le crédit d’impôt pour les premiers abonnements, Fabien Roussel annonce que les fonds d’aide à la presse seront revalorisés, pour permettre la modernisation et l’accès du plus grand nombre aux journaux, et l’aide publique aux journaux quotidiens à faibles ressources publicitaires sera doublée. Et Philippe Poutou défend la refonte du système des aides à la presse, qui favorise les plus gros et propose un Plan d’aide aux médias associatifs et à but non lucratif.

Tandis qu’Emmanuel Macron veut réformer le transport de la presse, Fabien Roussel va plus loin en mutualisant les outils d’impression et de distribution dans l’objectif d’abaisser les coûts de production, afin de garantir un véritable pluralisme et d’assurer une diffusion équitable de l’ensemble de la presse d’information.

Philippe Poutou et Fabien Roussel souhaitent donner plus de pouvoir et d’indépendance aux rédactions, grâce à un droit de veto sur les décisions économiques et éditoriales de leur média pour le premier, à propos de la nomination des cadres éditoriaux pour le second.

Enfin, Fabien Roussel veut garantir la protection des sources des journalistes et favoriser la création des médias locaux et alternatifs.

INSTITUTIONS

Du côté des institutions, nous retrouvons Yannick Jadot, qui propose une réforme constitutionnelle. Éric Zemmour et Fabien Roussel veulent créer un grand ministère : le premier l’appellera ministère du Savoir et de la Transmission, regroupant l’instruction publique, l’enseignement supérieur et la culture ; le second souhaite associer la culture, l’éducation populaire et les médias. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il veut redonner au ministère de la Culture sa capacité d’agir et donner le statut de fonctionnaire à tous les agents des établissements publics administratifs dudit ministère.

Si Emmanuel Macron nous rappelle avoir créé le Centre national de la musique (CNM), c’est Jean-Luc Mélenchon qui est le plus disert à propos des centres nationaux en s’engageant, dans un premier temps, à garantir l’indépendance, la transparence et la gouvernance démocratique des centres nationaux du livre, de la musique et du cinéma, notamment avec l’élection de leurs représentants par les professionnels et l’intégration du public dans les commissions ; dans un second temps, il affirme vouloir remettre à plat le système des aides du Centre national du cinéma (CNC), et dans un troisième temps, créer un Centre national du jeu vidéo et un Centre national des artistes-auteurs. Notons que Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat à aborder le sujet du jeu vidéo dans son programme culturel.

Fabien Roussel, lui, défend la création d’un Conseil national des médias, composé d’élus, de représentants des professionnels du secteur et d’usagers ; il promet de veiller au respect de la liberté d’information dans le pays.

BUDGET ET FISCALITÉ

Concernant les propositions d’ordre économique et fiscal, Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon veulent consacrer 1 % du PIB à la culture, quand Yannick Jadot préfère affecter un milliard d’euros supplémentaire au budget du ministère de la Culture.

C’est en matière de fiscalité que le programme de Jean-Luc Mélenchon formule des propositions originales, en instituant un « domaine public commun » pour financer la création nouvelle : il serait constitué d’une redevance sur les droits patrimoniaux des créateurs à partir de leur décès et d’une taxe sur les usages exclusivement commerciaux des œuvres qui ne sont plus soumises à droits d’auteur. Il propose également d’intégrer les revenus tirés de la vente des œuvres d’art au barème usuel de l’impôt sur le revenu.

Nota bene

À l’exception d’Anne Hidalgo, qui propose un Erasmus culturel, le seul candidat à formuler des propositions fournies en matière de formation artistique et culturelle est Jean-Luc Mélenchon.

LA RÉDACTION

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