Souhaitez-vous rire et vous divertir en ces temps étranges et, à bien des égards, tragiques ? Alors Le retour de Richard 3 par le train de 9H24 est fait pour vous ! Derrière son titre étrange se cache une tragicomédie drôle et plaisante… un bon moment garanti.

Publié le 23 avril 2020 – Mis à jour le 17 juin 2020

Le film, qui a été sélectionné et a reçu plusieurs prix, notamment aux États-Unis, sort en VàD ce mercredi 17 juin sur Filmo TV.

Notre conseil serait de vous arrêter là si vous n’avez pas vu le film, car le synopsis comme la critique dévoilent une trame que les premières minutes de film ne disent pas. Si vous voulez profiter pleinement de la surprise, arrêtez-vous là et revenez-y une fois le film vu – disons au moins les quinze premières minutes, mais ce serait tout de même curieux de vous revoir de sitôt !

Allez, pour regarder le film, c’est ici
Le retour de Richard 3 par le train de 9h24

Nous vous donnons rendez-vous après le film pour la lecture de la critique ci-dessous…
À plus tard !

Hervé Dubourjal, Jean-Gilles Barbier

Jean-Gilles Barbier et Hervé Dubourjal


Synopsis
– Condamné par la médecine, Pierre-Henri engage des comédiens pour jouer sa famille disparue pendant une semaine et l’aider à se réconcilier avec les siens. Entre réalité et fiction, cette relecture d’un passé familial mouvementé est un règlement de compte où on ne sait bientôt plus faire la part entre le vrai et le faux. Les comédiens étant tous au moins aussi névrosés que lui, voici Pierre-Henri bientôt débordé par les transferts des uns et des autres…

Une comédie (pas si) dramatique efficace

Tous les ingrédients de la comédie dramatique sont présents dans cette œuvre devant laquelle nous rions franchement, à commencer par les comédiens talentueux et unis, dirigés impeccablement par le réalisateur Éric Bu. Ce dernier connaît son métier, pour multiplier les petits détails d’une redoutable efficacité et provoquer le rire en un seul regard, une courte réplique.

Le retour de Richard 3 par le train de 9h24 n’est évidemment pas sans rappeler Monsieur Amilcar de l’écrivain français Yves Jamiaque, pièce créée le 24 septembre 1974 au théâtre des Bouffes-Parisiens, dans une mise en scène de Jacques Charon, avec une distribution prestigieuse : Robert Hirsch, Judith Magre, Jacques Sereys, Jean-Luc Moreau, Madeleine Barbulée et Annie Boudard.

L’idée fondamentale est sensiblement la même : un homme engage des personnes pour « jouer », ou plutôt « être » des proches. Dans Monsieur Amilcar, seule Éléonore est comédienne professionnelle, et il ne s’agit pas de jouer des êtres disparus, mais de composer des rôles de fiction. Il s’agit d’un texte de théâtre particulièrement travaillé, plus fin que les dialogues du film dans l’ensemble, et moins comique dans son intention.

Éric Bu et son scénariste Gilles Dyrek décident quant à eux de faire de tous les personnages des comédiens professionnels embauchés par Pierre-Henri (Hervé Dubourjal), un homme mourant, qui souhaite se réconcilier avec sa famille. Ils multiplient les effets comiques, afin de garder un rythme rapide, de susciter fréquemment le rire. On croit reconnaître tantôt un repas à la manière de Festen, tantôt une danse macabre à la mode d’Ingmar Bergman dans Le Septième Sceau, mais tout est constamment désamorcé, au profit de l’humour.

Des acteurs et actrices tout en justesse

Chaque personnage-comédien revêt une facette du métier, entre celui qui théorise la moindre attitude, celle qui doute d’elle-même au point de vouloir connaître tous les détails du personnage avant de l’incarner ou encore celle qui pratique des exercices quotidiens entre rires et pleurs – au grand dam de ses compagnons de maisonnée.

Ce sont toutes les névroses qui ressortent ainsi peu à peu, conduisant Pierre-Henri à lâcher prise, lui qui a tout dominé, tout écrasé durant sa vie, et qui – en constituant de petites fiches pour chaque comédien embauché – continue de surplomber son entourage. C’est sans compter sur le fils Richard, interprété par un exceptionnel Jean-Gilles Barbier, qui ouvre une brèche dans laquelle tous s’engouffrent à sa suite, jusqu’à brouiller les frontières entre réalité et fiction.

Il n’y a généralement guère d’analyse à faire de ce genre de films, l’humour appelant rarement la plume. Reste à savoir si le sujet est bien traité. Il l’est, incontestablement, et avec des acteurs et actrices tout en justesse, de Sophie Forte à Ariane Gardel en passant par Camille Bardery, Amandine Barbotte, Benjamin Alazraki ou encore le duo Laurianne Escaffre et Yvonnick, dont le récent film Pile Poil a obtenu le César du meilleur court-métrage.

Pierre MONASTIER

avec Pauline Angot et Marie-Claude Gelin

 



Éric Bu, Le retour de Richard 3 par le train de 9h24, France, 2020, 85min

Sortie cinéma : non déterminée
Genre : drame
Classification : tous publics

Avec Sophie Forte, Hervé Dubourjal, Jean-Gilles Barbier, Camille Bardery, Amandine Barbotte, Lauriane Escaffre, Ariane Gardel, Benjamin Alazraki, Yvonnick Muller

Scénario : Gilles Dyrek
Musique : non précisé
Photographie : Vincent Jeannot
Montage : non précisé

Producteurs : Stéphane Sansonetti et Alexis Bougon
Production :
Atlan films et Samsha Productions



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