Bonne année à tous les saltimbanques qui nous lisent ! Profession Spectacle vous a concocté de quoi remplir votre agenda tout neuf de 2020 avec les grands dossiers culturel qu’il ne faudra pas manquer.
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Les débats autour de la réforme de l’audiovisuel

Ce sera le gros morceau de ce début d’année. Le projet sera débattu à l’Assemblée nationale courant janvier.

Voici les ingrédients de ce dossier hautement sensible mené par le ministre de la Culture :

Super holding. Les entreprises de l’audiovisuel public, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde (qui regroupe RFI et France 24) et l’INA (Institut national de l’audiovisuel), seront regroupées au sein d’une holding commune baptisée France Medias.

Une 3e coupure pub. Elle pourra interrompre les films de plus de deux heures. Selon le ministre de la Culture, cela devrait inciter les chaînes privées à proposer davantage de films « longs ».

Plus de films et tout le temps. Ce projet « lève plusieurs contraintes », selon le ministre de la Culture Franck Riester, comme « l’interdiction de diffuser du cinéma à la télévision plusieurs jours par semaine », explique le ministre. Ce projet de loi mettrait fin à l’interdiction de diffuser sur le petit écran des films de cinéma les mercredi, vendredi soirs, samedi et dimanche en journée. Les chaînes pourront en proposer tous les jours dans la limite de 244 soirées par an.

Faire payer les plateformes. Netflix, Amazon prime ou encore Disney+ devront renforcer les investissements dans les œuvres françaises à hauteur de 16 % de leur chiffre d’affaires réalisé en France.
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Le lancement du Centre national de la musique

Le CNM va remplacer le CNV (Centre national de la chanson, des variétés et du jazz). L’établissement public aura pour mission de rassembler les dispositifs de soutien financier de la filière. Il sera placé sous la tutelle du ministère de la Culture et devra soutenir la création musicale (à l’instar du CNC qui existe depuis 1947 pour le cinéma). Le CNM rassemblera aussi le monde de la musique enregistrée, jusqu’alors séparé de la musique « live », et d’autres structures (le Fonds pour la création musicale, FCM, et le Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles, IRMA).

La différence notable entre le nouveau et l’ancien réside dans une forme de globalisation, explique Libération. Courant 2020, le CNM devrait englober les associations représentatives du secteur (Fonds pour la création musicale, Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles, Bureau export de la musique française et Club action des labels et des disquaires indépendants français) et ainsi réunir l’ensemble des professionnels d’une filière qui emploie 250 000 personnes et pèse 9 milliards d’euros.

Le centre n’est pas encore officiellement lancé qu’il est déjà marqué par une fausse note. Plusieurs acteurs du monde de la musique ont déploré « l’éviction » de Catherine Ruggeri, à la manœuvre depuis six mois pour sa mise en place au profit de Jean-Philippe Thiellay, nommé par le ministre de la Culture. Parmi les reproches exprimés, celui de ne pas avoir mis une femme à ce poste, pointent le PRODISS ou encore la Guilde des Artistes de la Musique. « Nous déplorons qu’après avoir nommé des hommes à la tête de l’Opéra de Paris et de Lyon, ou encore du CNC, le gouvernement ne saisisse pas l’opportunité », indiquent ses membres dans un communiqué.
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Le suivi de la mise en place de la convention pour les métiers d’art 

Vous l’avez découverte en exclusivité sur Profession Spectacle. Une nouvelle convention collective à destination des créateurs et des entreprises de gestion d’œuvres d’art, de métiers d’art (dont la facture instrumentale) et de design va voir le jour. Ses grandes lignes ont été présentées le 25 novembre dernier, au musée des Arts décoratifs de Paris.

Cette convention est autant un bouleversement économique majeur pour les professionnels qu’une réelle reconnaissance de métiers spécifiques. Ce texte vise notamment la mutualisation et la sécurisation, contre le danger très clairement identifié de l’uberisation de ces métiers.

Au sein même de la convention collective seront construits deux accords, à la fois autonomes et constitutifs de la convention collective : le premier pour les artistes-auteurs, le second pour les travailleurs indépendants, ainsi que le confirme Le Cahier Pro (nouveau bimensuel papier), à paraître ce mois-ci. Profession Spectacle vous fera évidemment suivre l’évolution des discussions et négociations tout au long de l’année.

Jacques GUILLOUX

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Crédits photographiques : Paul Haahr



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