L’Observatoire de l’Espace lance un appel à projets pour la création d’une œuvre vidéo, conçue à partir d’archives audiovisuelles sur l’aventure spatiale, autour de la thématique des non-humains dans l’Espace.

Cet appel à projets a pour but la création d’une œuvre vidéo conçue à partir d’un corpus d’archives audiovisuelles sur l’Espace. Il s’agit de revisiter ces archives en interrogeant la présence et la place des non-humains dans les activités spatiales. Ce projet de création se déroulera de juin à septembre 2021 et s’achèvera par la production d’une œuvre vidéo créée par l’artiste qui, après avoir été présentée lors de Nuit Blanche 2021 rentrera dans la collection de l’Observatoire de l’Espace du CNES, conservée aux Abattoirs, Musée –Frac Occitanie Toulouse. L’objet de cette consultation est de choisir l’artiste qui réalisera l’œuvre vidéo.

Une création à partir d’un corpus d’archives sur l’Espace

Ce projet propose à l’artiste sélectionné de se plonger dans un corpus d’archives audiovisuelles, dont un sous-ensemble non exhaustif est présenté dans l’annexe. Ce sous-ensemble est accompagné d’un texte d’éclairage qui précise la thématique et alimente la réflexion sur ces images. À titre d’exemple, un corpus d’entités non-humaines du Système solaire est également proposé, essentiellement sous forme de récits et d’images. Ces derniers, forcément générés pour des intérêts humains divers, feront en contrepoint l’objet «d’observations» les plus objectives possibles, qui devront trouver leur traduction artistique au sein de la proposition.

Dans ces archives qui retracent des missions qui se déroulent dans l’espace jusqu’aux confins de l’influence du Soleil, on peut observer une grande diversité d’événements. Des déplacements, des comportements, des transformations, parfois des rencontres, des expériences ou des découvertes qui impliquent des non-humains et leurs interrelations. Minéraux, machiniques, et biologiques, ils sont l’objet d’attentions et de descriptions scientifiques, techniques ou médiatiques. De cette manière, ils génèrent récits et représentations qui les documentent. Sur ces bases documentaires, le projet veut approcher ces non-humains comme sujets de création, non seulement au sens où l’on évoque le sujet d’une œuvre, mais surtout au sens où ils demandent une attention sensible à leurs intersubjectivités, à leurs qualités, formes, expressions, résistances ou faiblesses, dans leurs relations aux autres non-humains (et humains).

C’est ainsi que l’artiste, avec ses moyens propres et aidé du corpus d’extraits d’archives audiovisuelles proposés, interrogera la capacité des activités spatiales à produire des récits qui ouvrent la voie à une réflexion sur la place des non-humains.

 

L’œuvre

L’œuvre vidéo envisagée par l’artiste répondra, éclairera, interprétera les archives audiovisuelles et la thématique du non-humain. Pour cela, la proposition artistique s’attachera à une ou plusieurs catégories de non-humains, et une ou plusieurs interrelations entre les non-humains (et humains). L’enjeu est de déplacer l’angle d’observation de ces archives, témoins de l’aventure spatiale du point de vue historique et scientifique, à celui de l’artiste afin de les éclairer d’un regard nouveau. Il s’agit d’en extraire des «observations» objectives, le plus possible dépourvues de jugements, de hiérarchisations, ou d’affects de la part des artistes qui se proposeront de construire de nouveaux récits. Une approche que ne sauraient conduire les acteurs politiques, industriels, scientifiques, ou encore les médias car leurs visions agglomèrent programmes, missions, ou obsessions diverses, pour ensuite les réduire à des enjeux de primauté, d’exploitation ou d’héroïsme.

En conséquence, la méthode suggérée pour traiter un tel sujet découle d’une approche objective de création déjà éprouvée ou explorée pour l’occasion. Pour mémoire, l’objectivisme poétique est une référence adéquate au projet avec laquelle construire une méthode: « l’objectivisme poétique se développe en effaçant tout rapport au jugement subjectif de l’écrivain. […] il[…] met en lumière des liens qui sont inapparents. […] l’objectivisme est le dévoilement dans le réel objectif de liaisons inaperçues ou bien cachées volontairement. ».

La question du sujet observant/observé est à penser autrement et fera appel par exemple à des outils sémantiques pour limiter les pièges de l’anthropocentrisme. Seront privilégiés les régimes impersonnels, les formes passives, les formulations phénoménologiques. Ces dernières en particulier, derrière le simplisme fréquent de leurs réductions, devraient ouvrir de riches dépliements. De plus, l’observation des interrelations et des interactions trouvera bénéfice à transposer dans l’Espace et à mixer les outils anthropologiques et écologiques, propices à des descriptions objectives, et réunis en dépassant la frontière nature/culture. (voir annexe)

L’œuvre s’inscrira dans l’écriture plastique et l’approche cognitive de l’artiste sélectionné, révélant sa vision singulière et des partis pris esthétiques forts. Elle devra également être issue des phases de définition et d’interaction qui mettront en regard les choix et positions de l’artiste avec l’approche culturelle de l’Espace des équipes de l’Observatoire de l’Espace. Cette œuvre vidéo doit utiliser majoritairement des extraits d’archives audiovisuelles du corpus fourni. Les modalités de leur utilisation sont laissées à l’appréciation de chacun. L’artiste reste libre d’alimenter sa création de ses propres sources (films, documents, sons, images), ces sources doivent impérativement être libres de droits non-commerciaux. L’œuvre est conçue dans un format numérique pouvant être diffusé sur écran ou en projection. La durée de la pièce n’est pas limitée mais elle devra au minimum être d’une dizaine de minutes. L’artiste devra veiller à la compréhension de l’œuvre et de tout autre élément produit, par l’usage du français ou en effectuant les traductions nécessaires.
nbsp

Financement et acquisition de l’œuvre

La phase de sélection ne fait l’objet d’aucune rémunération. Un budget de3500 €sera attribué à l’artiste sélectionné. 2 000€ seront versés pour la production de l’œuvre et 1 500€ pour l’acquisition de l’œuvre produite, la cession des droits patrimoniaux se faisant quant à elle à titre gracieux. Cette dernière somme sera attribuée début septembre à la livraison de l’œuvre après acceptation définitive du projet par l’Observatoire de l’Espace du CNES.

L’œuvre vidéo créée dans ce cadre est propriété de l’Observatoire de l’Espace du CNES. Elle est conservée par ses soins au sein de sa collection en dépôt aux Abattoirs,Musée –Frac Occitanie Toulouse. Tous les éléments annexes à l’œuvre vidéo qui viendraient le cas échéant l’accompagner au cœur de l’exposition resteront propriété de l’artiste et ne feront pas partie du dépôt. Les caractéristiques de l’œuvre finale seront présentées dans une fiche technique annexée a posteriori au contrat liant l’artiste et l’Observatoire de l’Espace du CNES.
nbsp

Calendrier prévisionnel

  • 10 mai 2021 : date limite de réception des dossiers
  • Début juin2021 : sélection de l’artiste lauréat par une commission artistique
  • De juin à août : phase de création-production centrée sur le travail et les besoins de l’artiste.Elle s’articulera autour de deux rencontres au moins au siège du CNES à Paris
  • Le 13 septembre au plus tard : l’artiste s’engage à livrer son œuvre à l’Observatoire de l’Espace
  • 2 octobre 2021 : présentation de l’œuvre lors de Nuit Blanche 2021ausiège du CNES à Paris

Tout au long du projet, l’artiste devra documenter le travail de recherche et la création de sa pièce (images, rencontres, documents, etc.) afin d’alimenter la communication autour du projet.

DATE LIMITE DE RÉCEPTION DES DOSSIERS : 10 mai 2021

Pour toute information complémentaire : cnes-observatoire.fr/ode-projets

 



Retrouvez tous nos appels à projets et offres d’emploi
Rubrique « Bons plans »


 

 

Restez informé !

Sélectionnez une ou plusieurs listes :