Prise en étau entre la Russie et l’Europe, conquise presque continuellement au fil des siècles, l’Ukraine a toujours peiné à s’imposer comme un peuple à part entière. Quelle est son histoire ? A-t-elle vraiment une culture et une identité propres ? Il faut connaître l’histoire pour discerner le présent.

Indépendante depuis trente ans, l’Ukraine se retrouve au cœur de l’actualité depuis le 24 février dernier, bénéficiant d’un soutien quasi unanime alors qu’elle a longtemps été inexistante aux yeux du monde. Qui connaît l’histoire de l’Ukraine ? Ses luttes, ses traditions, ses langues, ses cultures ?

« Ses » cultures, oui, car l’Ukraine est une terre de la diversité, n’en déplaise à ceux qui veulent la réduire à une périphérie, un satellite, le faubourg d’on ne sait quelle puissance. Beaucoup ont essayé de mettre la main sur cette terre protéiforme leur bien ; elle a toujours été autre, développant en son sein un irréfragable désir de liberté.

L’Ukraine n’est pas une extension de l’Occident ou une « petite Russie » ; elle est une terre des confins, des frontières multiples, un réceptacle composite, pluriel, riche de quantité d’influences. C’est ainsi que la très grande majorité des Ukrainiens vivent leur identité aujourd’hui. Ils savent que leur pays est le fruit des colonisations et des influences varègue, polonaise, lituanienne, mongole, tatare, khazare, russe, autrichienne, allemande…

L’Ukraine en porte encore aujourd’hui cette trace, puisqu’elle reconnaît légalement quatorze langues. Outre l’ukrainien, la langue officielle, il y a le russe, le grec, le tatar, le gagaouze, le polonais, le hongrois, le biélorusse, le roumain, le géorgien, le romani, l’arménien, l’azéri et le yiddish. Cette liste seule suffit à briser toute tentative de simplification. Chacune de ces langues révèle une histoire singulière.

Dès lors que la très grande majorité des habitants d’Ukraine se pensent comme Ukrainiens, et on ne peut que le constater aujourd’hui lorsque l’on voit leur résistance impressionnante et unanime face à l’invasion russe, la question fondamentale ne peut qu’être : qu’est-ce qui constitue fondamentalement l’identité et la culture de ce pays ?

INTERVENANTS
Réginald Gaillard, écrivain et éditeur, qui a coordonné un ouvrage collectif qui vient de paraître : Ukraine, pivot de l’Europe.
– Anna de Czaski Canter, artiste plasticienne française d’origine ukrainienne, directrice de la galerie Little Odessa à Paris et cofondatrice du Centre Anne de Kyiv, dédié à la culture ukrainienne, à Senlis.
– Florent Mouchard, slaviste, professeur agrégé de russe à l’Université Rennes 2.
– Antoine Arjakovsky, historien, co-directeur du département de recherche “politique et religions” au collège des Bernardins, après avoir dirigé plusieurs institutions en Russie et en Ukraine.

PLAN DU DÉBAT
1/ L’identité ukrainienne dans l’Histoire.
2/ XIXe siècle : émergence de la langue et d’une littérature ukrainiennes.
3/ 1991-2021 : balancement entre Russie et Occident => période post-soviétique, révolution Orange, Euromaïdan…
4/ Développements artistiques : Kyiv est-elle un nouveau Berlin ?

Table ronde modérée par Pierre GELIN-MONASTIER

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