En avril 2017, Emmanuel Macron twittait : « Il n’y aura pas de suppression de France Ô, qui a un programme et une justification pleine et entière ». Au début du mois de juin dernier, Françoise Nyssen a remis en question le maintien de France Ô sur le canal hertzien. Des retournements à 180 degrés qui ne manquent de provoquer la colère des salariés et syndicats, d’autant que le budget de France Ô n’est « que » de 25 millions d’euros, soit 0,86 % du budget total de France Télévisions.

Une intersyndicale des salariés de France Ô, chaîne de France Télévisions dédiée aux Outre-mer, appelle lundi les responsables politiques et les téléspectateurs à se mobiliser pour sauver leur chaîne, dont l’avenir est incertain, et « la maintenir sur la TNT ».

Une pétition « #SauvonsFranceÔ » a aussi été lancée.

« Nous interpelons les responsables politiques. Nous appelons les téléspectateurs-citoyens à se mobiliser pour sauver France Ô et la maintenir sur la TNT nationale », explique l’intersyndicale SNJ-CFDT-CGT-Unsa-CGC-FO dans un communiqué, rappelant que l’avenir d’« une centaine de salariés est menacé ».

Pour les syndicats, qui demandent « à être entendus par la mission de concertation » mise en place pour décider de l’avenir de la chaîne, « la fermeture de France Ô serait une atteinte au pluralisme et à la démocratie » et « porterait atteinte à une mission essentielle de service public : la continuité territoriale, assurer la visibilité dans l’Hexagone de la réalité des Outre-mer ».

« Ce serait aussi une faute : un écran noir apposé sur l’existence de ces milliers d’originaires des Outre-mer (et leurs descendances – 1,6 million de citoyens) installés dans l’Hexagone depuis notamment la grande vague migratoire du Bumidom (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer, ndlr), dans les années 60. »

« Sans doute faut-il revoir le cahier des charges et les missions, afin que la chaîne soit en meilleure adéquation avec les préoccupations des populations ultramarines, et plus proche de leurs attentes », ajoutent-t-ils, soulignant que les ultramarins sont « très souvent ignorés par les autres medias ».

[avec AFP]



 

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