L’acteur de toute une génération, Jean-Paul Belmondo, « Bebel », est mort, à l’âge de 88 ans (1933-2021). Palme d’honneur au cours du festival de Cannes 2011, il a tourné avec les plus grands réalisateurs français de son temps. Retour sur la vie et la carrière d’un géant du 7e art, à travers cinq petites anecdotes cinématographiques.

Jean-Paul Belmondo, c’est 50 ans de carrière, plus d’une trentaine de pièces de théâtre, près d’une centaine de films pour 160 millions de spectateurs dans les salles de cinéma. La liste des réalisateurs l’ayant dirigé est à elle seule impressionnante : Marcel Carné, Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, Claude Sautet, Peter Brook, Henri Verneuil, Vittorio De Sica, Jean-Pierre Melville, Jean-Becker, Marcel Ophüls, Philippe de Broca, Édouard Molinaro, Louis Malle, Gérard Oury, François Truffaut, Alain Resnais, Claude Zidi, Georges Lautner, Agnès Varda, Cédric Klapisch…

Voici cinq anecdotes que vous ne connaissez peut-être pas sur celui qui fut, pour toute une génération, « Bebel », l’un de nos plus grands acteurs français.

1/ Pierrot le fou : Belmondo préféré à Piccoli

Le rôle de Pierrot le fou était à l’origine écrit pour Michel Piccoli, avec Sylvie Vartan pour lui donner la réplique.

Mais Godard a finalement préféré se tourner vers Jean-Paul Belmondo, qu’il avait déjà dirigé dans À bout de souffle, entre autres parce que Bebel a apporté les fonds financiers qu’il manquait au film.

2/ L’homme de Rio : son plus grand succès en salles

L’homme de Rio de Philippe de Broca est le plus grand succès en salles du réalisateur et a révélé au grand public les talents de cascadeur de Belmondo.

Le succès du film a franchi les frontières francophones et a même inspiré des réalisateurs américains, comme Steven Spielberg qui affirme ouvertement s’être inspiré de ce film pour le premier volet d’Indiana Jones, Les Aventuriers de l’Arche perdue.

3/ Un singe en hiver : un simple film d’ivrognes ?

Le très culte Un singe en hiver d’Henri Verneuil, réunissant à l’écran deux générations d’acteurs emblématiques, Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin, a connu de nombreux déboires de production et de diffusion. Pour cause, le film était perçu comme une apologie de l’alcool et un simple film d’ivrognes.

Bebel racontera plus tard que Gabin jurait tous les matins qu’il allait arrêter de boire. Et tous les soirs, c’était quand même « p’tit whisky » et moules frites… mais avec du vin blanc !

4/ La Vérité : un casting plutôt chaud !

Henri-Georges Clouzot voulait Jean-Paul Belmondo pour le rôle de l’amant de Brigitte Bardot dans son film La Vérité. Voulant l’empêcher de se rendre à un autre casting, pour Moderato Cantabile de Peter Brooks, Clouzot enferme Belmondo dans une chambre. Finalement, Jean-Paul Belmondo passe l’audition, qui consistait à peloter la poitrine de Brigitte Bardot pendant quinze minutes.

Malgré tout, il a préféré signer pour Moderato Cantabile, et Clouzot a finalement choisi Samy Frey pour le rôle.

5/ Le Magnifique : un tournage accidenté

Belmondo est réputé pour avoir toujours voulu faire ses cascades lui-même. Sur le tournage du film Le Magnifique, qui signe sa quatrième collaboration avec le réalisateur Philippe de Broca, Jean-Paul Belmondo se déchire la cuisse et doit prendre dix jours de convalescence après avoir traversé une fenêtre vitrée. De retour sur le plateau, il saute d’une voiture en marche. Résultat : élongation du tendon, ligaments de la cheville arrachés, jambe plâtrée et foulure d’articulation gauche. Il aura passé un mois de tournage, la jambe dans le plâtre.

Bebel avait pourtant une doublure cascadeur, Gil Delamare, qui s’amusait en disant : « Je suis le cascadeur de mon cascadeur » !

Maïlys GELIN

 



 

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