Autodidacte de la photographie à laquelle il n’est arrivé qu’à l’âge de 65 ans, Gilbert Garcin est mort dans son sommeil à 90 ans. Photographe de la dernière heure, il a bâti une œuvre poétique et métaphysique qui lui a valu une renommée rapide et internationale.

Né en 1929 à la Ciotat, ville à laquelle il reste fidèle toute sa vie, Gilbert Garcin suit des études dans une école de commerce et poursuit une carrière professionnelle en tant que dirigeant d’une entreprise de luminaires à Marseille.

Il ne découvre la photographie que retraité, lors d’un stage aux Rencontres de la photographie à Arles, en 1995 : il suit un cours de photomontage animé par le photographe français Pascal Dolémieux. C’est décidé : Gilbert Garcin sera dorénavant photographe lui-même. Il est alors âgé de soixante-cinq ans. Il installe son studio photo à la Ciotat et se met à créer. Durant une vingtaine d’années, il crée ainsi quelque quatre cent d’images en noir et blanc, se mettant en scène la plupart du temps en scène, parfois avec sa femme, revendiquant pour son double le statut de véritable personnage, à part entière.

Après quelques expositions locales, il envoie ses photographies dans de nombreux festivals, qui le sélectionnent et lui permettent d’atteindre soudain, sur le tard, une grande notoriété. Nombre de lieux emblématiques ont acquis une ou plusieurs photographies, tels que la Maison européenne de la photographie, le Fonds national pour l’art contemporain, le Fonds communal pour l’art contemporain de Marseille ou la galerie du Château d’eau de Toulouse. Ses œuvres ont également fait l’objet d’une dizaine de publications : un volume de la célèbre collection « Photo Poche » d’Actes Sud lui a notamment été consacré en 2016 (préface de Magali Jauffret).

Documentaire en hommage

Les Rencontres d’Arles viennent de publier un hommage à Gilbert Garcin sous la forme d’un documentaire de dix minutes, signé par Ralf Kämpfe et co-produit par Scotto Productions et Les Rencontres d’Arles. Le film, intitulé Tout peut arriver, raconte « les secrets de l’étrange et merveilleuse rencontre d’un homme avec la photographie, explique la courte présentation. Étrange parce que cet homme, Gilbert Garcin a 65 ans lors de cette rencontre, merveilleuse par ce qu’il devient un illusionniste hors pair. Par le biais de la photographie, il raconte des histoires, met ses rêves en images et sans en avoir l’air, questionne au plus profond le sens de nos existences. »

 

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Source photographique : capture d’écran de Tout peut arriver, documentaire de Ralf Kämpfe



 

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