Le festival de Cannes, Clint Eastwood, Martin Scorsese ou encore Jane Campion lui doivent beaucoup : cinéphile, producteur, programmateur et découvreur de talents du 7e art, le Français Pierre Rissient est mort à 81 ans, a annoncé dimanche l’Institut Lumière.

[avec AFP]

Né à Paris le 4 août 1936, Pierre Rissient entre au 7e art par la salle obscure, en étant programmateur du cinéma MacMahon, près des Champs-Élysées. En 1959, il est l’assistant-réalisateur de Jean-Luc Godard pour À bout de souffle, film symbole de la Nouvelle Vague.

Inconnu du grand public, Pierre Rissient, qui a l’habitude d’écumer les festivals du monde entier, est un intime de Clint Eastwood, qu’il connaît depuis le début des années 70. Personnalité incontournable de Cannes, dont il est longtemps le conseiller artistique, il contribue à faire connaître Mean Streets (1973), le film qui lance la carrière de Martin Scorsese.

Cinéma MacMahon : hommage à Pierre Rissient

À partir des années 70, il fait découvrir au public européen nombre de cinéastes asiatiques, comme Hou Hsiao Hsien, Chen Kaige ou Zhang Yimou. Il est notamment été le producteur exécutif de La leçon de piano (Palme d’or à Cannes en 1993) de la Néo-Zélandaise Jane Campion, dont il accompagne les premiers pas.

Le festival de Cannes a annoncé sur son site qu’il dédiait son édition 2018 à « ce grand ami et cette grande figure de la cinéphilie ». Pierre Rissient est mort deux jours avant le début du plus prestigieux festival de cinéma. Le festival avait d’ailleurs prévu de projeter cette année un film qu’il avait réalisé en 1982, Cinq et la peau, dans sa section « Cannes Classics ».

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Hommages

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Bertrand Tavernier, réalisateur et président de l’Institut Lumière

Institut Lumière - Bertrand Tavernier : hommage à Pierre Rissient

Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes

« Rissient a inventé un personnage dont il est l’exemplaire unique […] Ces quarante dernières années et le plus souvent dans l’ombre, Pierre a influencé le cinéma mondial en l’élargissant à de nouvelles frontières. »

Gilles Jacob, ancien délégué général du festival.

« Pierre Rissient a été un super découvreur de cinéastes, d’un flair, d’une curiosité inestimables. Quand il aidait quelqu’un, il le prenait sous son aile et l’aidait à déployer son art. Il a aimé et soutenu le festival de Cannes, j’en témoigne ici avec émotion et tristesse. »

Jean Labadie, producteur et distributeur français de films

Jean Labadie : hommage à Pierre Rissient

Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC)

« Homme discret, passionné du cinéma d’auteur américain et asiatique, Pierre Rissient […] est un cinéphile inconditionnel, un infatigable découvreur de talents et un amoureux des cinéastes. »



Photographie de Une – Pierre Rissient (crédits : FIFF/Julien Chavaillaz – source : IMBd)



 

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