Actrice, chanteuse, danseuse, reine de l’opérette et des revues de music-hall, Suzy Delair, décédée à 102 ans dans la nuit de dimanche à lundi, a régné sur le spectacle parisien au milieu du XXe siècle. De son vrai nom Suzanne Delaire, la comédienne a brillé dans les années 40 et 50 avec un inimitable chic canaille.

Née à Asnières (Hauts-de-Seine) le 31 décembre 1917, elle adore, enfant, imiter Sarah Bernhardt dans l’atelier de couture maternel.

Jeune fille, elle fait de nombreuses tournées en province, dansant dans des revues, lorsque le cinéaste allemand Kurt Bernardt la remarque et la fait débuter à l’écran dans L’or dans la rue aux côtés d’Albert Préjean et de Danielle Darrieux. Avec ces mêmes acteurs, elle tourne ensuite La crise est finie de Robert Siodmak et « Poliche » d’Abel Gance.

Découverte par le cinéaste Henri-Georges Clouzot, dont elle est la compagne pendant dix ans, elle joue en 1942 le rôle de la petite amie de Pierre Fresnay dans L’assassin habite au 21. Cinq ans plus tard, elle tient son plus grand rôle dans Quai des orfèvres, où elle campe une vedette de music-hall. En 1949, elle est pour Henri Jeanson une éblouissante Lady Paname toute en plumes et en strass.

Suzy Delair a fait partie en 1942 du groupe d’acteurs et actrices français invités par les Allemands pour visiter des studios de cinéma à Munich et Berlin. Un épisode qui lui vaudra à la Libération d’être frappée de trois mois de suspension par le Comité d’épuration.

Interprète, en 1960, des Régates de San Francisco, de Claude Autant-Lara, elle tourne, deux ans plus tard, en Italie, Rocco et ses frères, de Luchino Visconti, avec Alain Delon. Un de ses derniers rôles  fut celui de Germaine Pivert, mariée à Louis de Funès dans Les aventures de Rabbi Jacob (1973). Elle y joue avec facétie une dentiste très jalouse

avec AFP

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