En dépit d’un sujet et d’un traitement classiques, sur l’arrivée d’un tiers dans une relation fusionnelle entre une mère célibataire et son fils, Rodrigo Ruiz Patterson livre une œuvre honnête, servie par de bons comédiens.

Synopsis – Rodrigo, adolescent solitaire, a une relation forte avec sa mère. Les choses changent quand elle invite son nouveau petit ami à venir vivre dans leur maison, à la périphérie de Mexico. Rodrigo doit décider s’il peut accepter cette nouvelle famille ou se battre pour son trône, écrasant le bonheur de la personne qu’il aime le plus.

Le titre du film pourrait faire penser à une divagation cinématographique sur la célèbre musique instrumentale des Yardbirds, dans sa version Jimmy Page : de « White Summer » à Summer White, il n’y aurait dès lors qu’un petit jeu de mots. Il n’en est rien. Summer White n’est que la version mondialisée du titre mexicain Blanco de verano.

Dans les trois phrases du synopsis est résumé tout le film, dont le traitement est aussi classique que le sujet. Nous sommes dans un film structuré classiquement, que Gustav Freytag n’aurait pas renié, tant la technique du drame obéit en tout point à la structuration qu’il en a conçu :  exposition, obstacle, résolution. Tout au long du film, nous espérons autre chose, qui ne vient pas. Tout est programmé selon ce schéma connu.

Le parti pris du cinéaste mexicain Rodrigo Ruiz Patterson, qui signe avec Blanco de verano son premier long-métrage, est de se situer à hauteur de l’enfant, dont on comprend les mensonges, les omissions, les rêveries, le désir, tandis que la mère et son amant sont considérés à distance, à travers leurs seules actions et paroles. La première ne fait jamais la vérité sur la relation qu’elle vit avec son fils, couvrant ses mensonges au point de ne plus le croire lorsque ce dernier s’oppose à son amant ; le second tente de conquérir de force la sympathie du jeune garçon, jusqu’à le priver de liberté.

Le réalisateur privilégie la caméra à l’épaule dès lors que l’enjeu relationnel, mais prend de la distance sitôt que la situation le demande. C’est d’ailleurs sa manière de filmer, plus que le jeu des acteurs, qui provoque les événements.

Si le scénario, les scènes et les personnages sont effectivement prévisibles, Rodrigo Ruiz Patterson livre tout de même une œuvre honnête, servie par de bons comédiens.

Pierre GELIN-MONASTIER

 



Rodrigo Ruiz Patterson, Summer White, Mexique, 2021, 85mn

Sortie : 18 août 2021
Genre : drame
Classification : tous publics
Titre original : Blanco de verano

Avec : Adrián Rossi, Sophie Alexander-Katz, Fabian Corres
Scénario : Rodrigo Ruiz Patterson, Raúl Sebastián Quintanilla
Photographie : María Sarasvati Herrera
Son : Lilial Villaseñor
Musique : José Miguel Enríquez
Montage : Ernesto Martínez Bucio

Production : Centro de Capacitación Cinematográfica, A.C.
Distribution : Destiny Films



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