Guy Ritchie retrouve dans The Gentlemen le cinéma de ses débuts, qui a bâti sa réputation avant l’odyssée hollywoodienne. Mais on ne retrouve cependant pas le soupçon de surprise et le rythme fougueux qui étaient la marque d’œuvres telles que Snatch et Arnaques, Crimes et Botanique.

The Gentlemen sort ce jeudi 28 mai en VOD et en DVD/Blu-Ray le mercredi 10 juin.

Synopsis – Quand Mickey Pearson, baron de la drogue à Londres, laisse entendre qu’il pourrait se retirer du marché, il déclenche une guerre explosive : la capitale anglaise devient le théâtre de tous les chantages, complots, trahisons, corruptions et enlèvements… Dans cette jungle où l’on ne distingue plus ses alliés de ses ennemis, il n’y a de la place que pour un seul roi !

Une construction connue

Après quelques péripéties hollywoodiennes, Guy Ritchie revient à ses premières amours : le film de gangsters. Mais les bas-fonds qui avaient donné l’atmosphère des premières réalisations – Arnaques, Crimes et Botanique et Snatch – ont laissé place aux criminels de la haute. Nous retrouvons cette même esthétique vintage fort agréable, œuvre du chef opérateur Alan Stewart, ainsi qu’une bande de jeunes artistes tout autant danseurs que martiaux, dirigée par un solide coach (Colin Farrell), qui apporte une sympathique saveur loufoque à l’intrigue.

Le film est néanmoins assez prévisible. La construction de l’œuvre, malgré son efficacité brute admirée dans les premiers films de Guy Ritchie, ne surprend plus. Elle garde un attrait certain, mais nous en connaissons les ressorts et pouvons anticiper les dénouements. La surprise a passé depuis la fin du siècle dernier ; nous ne nous y retrouvons pas totalement. La faute en revient notamment à un petit jeu distillé dans la construction elle-même et dont nous peinons à comprendre l’intérêt, une fois que nous avons compris l’hommage sous-jacent au genre gangsters-mafieux : est-ce un film ? un film dans le film ? un film dans le film du film qui est dans le film ? Quel suspense insoutenable !

Des comédiens reconnus

La limite principale du film consiste dans le face à face entre le journaliste et le bras droit du grand bandit (Charlie Hunnam, impeccable), qui forme l’une des trames du film : il ne fonctionne à aucun moment, si bien qu’une partie du film s’effondre d’elle-même. Nous enchaînons les clichés, à l’image du personnage incarné par Hugh Grant, un journaliste burlesque et maniéré, inutilement grossier, qui peine à dépasser le stade de la caricature – ou de la pâle réplique d’un personnage-type déjà vu maintes fois au cinéma, tel celui joué par Robert Downey Jr dans Zodiac de David Fincher (2007).

En dépit de toutes ces remarques, The Gentleman devrait trouver un accueil favorable non seulement de ceux qui n’ont jamais vu les constructions cinématographiques de Guy Ritchie, mais encore de tous ceux qui se laissent prendre par le scénario sans en deviner le dénouement (ce qui ne fut hélas pas notre cas). D’autant que le film est servi par un casting de haut vol, dominé par un excellent Matthew McConaughey dans le rôle de la fripouille aristocratisée, en parfaite adéquation avec l’atmosphère délicieusement surannée du film.

Pierre MONASTIER

avec Pauline Angot et Marie-Claude Gelin

 

 



Guy Ritchie, The Gentlemen, États-Unis, 2020, 113mn

Sortie cinéma : 5 février 2020
Sortie VàD : 28 mai 2020
Genre : film de gangsters
Classification : tous publics avec avertissement

Avec Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Michelle Dockery, Hugh Grant, Colin Farrell, Henry Golding, Jeremy Strong, Brittany Ashworth, Lyne Renée, Russell Balogh
Scénario : Guy Ritchie, Ivan Atkinson, Marn Davies
Image : Alan Stewart
Musique : Christopher Benstead
Montage : James Herbert

Production : Miramax (Bill Block), Ivan Atkinson, Guy Ritchie
Distribution : SND

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